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Il n’est ni dans mon caractère ni dans mes habitudes de manquer de respect envers mes contradicteurs. Trop enclin à penser qu’il y a dans toute réfutation une part de vérité, intimement persuadé de la bonne foi de mes interlocuteurs, j'entre dans leurs raisons, bonnes ou mauvaises. Mais comment réagir lorsque les arguments avancés défient l’entendement ? Etablir un parallèle entre la situation de l’Espagne en 1936, justifier l’intervention en Lybie en mettant en avant la politique de non-intervention acceptée avec résignation par le gouvernement de Léon Blum, cette comparaison me semble à ce point incongrue que je me trouve désarmé pour répondre à une argumentation dépourvue de tout bon sens. Une remarque purement géographique : le soulèvement militaire avec la guerre civile qui allait s’ensuivre se passaient aux frontières de la France, éveillant chez ses gouvernants la vieille hantise de l’encerclement. L’Allemagne nazie à l’Est, l’Italie fasciste au sud-est, l’Espagne enfin : un enfant de six ans comprendrait l’obsession de cet étau et la tentation de tout faire pour garder, derrière les Pyrénées, un pays ami. Au-delà des proximités idéologiques, il existait des motifs stratégiques pour souhaiter le triomphe du gouvernement légitime de l’Espagne. Aider la République espagnole était se prémunir contre tout danger venu du Sud, s’accorder une respiration. Peut-on comparer la situation avec celle de la Lybie qui, pour autant que je sache, ne se trouve pas à nos portes et ne représente aucun danger direct ? Pour arriéré et anachronique qu’elle fût, l’Espagne de 1936 appartenait à l’Europe. L’une des plus anciennes nations du continent, son histoire glorieuse et chaotique restait imbriquée dans celle des autres nations européennes. On y trouvait de nombreux et très influents partis politiques, des syndicats puissants, toutes sortes d’associations religieuses et civiles, des personnalités éminentes, des philosophes, des écrivains, des scientifiques et des penseurs, un tissu social dense et serré. Qui oserait prétendre qu’il en va de même en Lybie où, en dehors du dictateur et de son clan, on n’aperçoit aucune force organisée, si ce n’est l’islam? Au point de vue politique, le gouvernement de Léon Blum se trouvait devant un coup d’état militaire fomenté contre un gouvernement qu’il pouvait considérer comme ayant été régulièrement élu, ce qui lui conférait une légitimité difficilement contestable. Aider la République à se défendre c’était voler au secours de la légalité. Ceux qui, en Lybie, se dressent contre une dictature vieille de près de quarante ans peuvent difficilement se prévaloir d’une légitimité autre que celle, respectable, tout à fait justifiée, de s’affranchir d’une tyrannie devenue insupportable. On peut avec raison souhaiter le succès de cette révolte, on peut l’aider à résister et à vaincre. On ne saurait pour autant la justifier en droit international.
C’est si vrai que le mandat des Nations Unies autorisant l’intervention armée contre le régime tyrannique de Kadhafi s’appuie sur des raisons humanitaires, empêcher le dictateur de massacrer les populations civiles révoltées. Il faut remarquer en passant que si la France devait bombarder chaque pays soumis à une dictature sanguinaire, ses forces n’y suffiraient pas. Va-t-elle envoyer le Charles de Gaulle pour pulvériser la tyrannie de la Corée du Nord, autrement affreuse que celle du colonel libyen ? Il est vrai que la Corée du Nord possède l’arme atomique et manque par ailleurs de pétrole, deux raisons suffisantes pour nous dissuader de jouer les justiciers. Aux hésitations et aux atermoiements des uns et des autres, on voit l’embarras de la coalition qui voudrait chasser le colonel du pouvoir, l’obliger à se démettre, mais qui se sent contrainte par les limites de son mandat. De cette obligation juridique et morale, elle ne pourrait s’affranchir que par un renversement de la situation, autant dire par une victoire décisive des insurgés lesquels ne possèdent ni armée entraînée et disciplinée, ni matériel suffisant, ni même des institutions politiques enracinées. Par quelle aberration de l’esprit parvient-on à comparer la situation de la Lybie à celle de l’Espagne ? Le mystère de ces divagations se cache dans l’idéologie. Un mot dans le commentaire de ma correspondante suffit pour éclairer l’emprise idéologique, un mot que j’entendrai, je crois bien, jusqu’à ma mort, républicains espagnols. Je voudrais demander à mon interlocutrice : à qui, chère Madame, ce terme s’applique-t-il ? Pas aux anarcho-syndicalistes de la CNT-FAI, plusieurs millions, qui avec probité avaient annoncé au lendemain de la « victoire » des républicains aux élections municipales de 1931 qu’ils ne se reconnaissaient pas davantage dans le nouvel Etat que dans l’ancien, radicalement hostiles à tout Etat, quel qu’il fût. Pas non plus aux communistes qui, refusant la république « bourgeoise », souhaitaient l’instauration d’une démocratie populaire. Ni aux socialistes de Largo Caballero, le « Lénine espagnol », phagocytés par les communistes. Alors, qui ? Je vous le demande. Ils existaient, certes, ces républicains sincères, ces petits bourgeois attachés aux libertés formelles, ils étaient peut-être même majoritaires, mais écrasés, terrorisés, réduits au silence, quand ils n’étaient pas purement et simplement assassinés. Se draper dans leurs dépouilles pour déclamer contre le dictateur libyen, cela me semble plus triste qu’insultant. Je n’ai pas la moindre sympathie pour Kadhafi, cet histrion sanguinaire reçu avec pompe dans nos palais républicains, écouté à l’Onu, traité avec servilité par la plupart des puissances de ce monde. Viendrait-il à périr sous les bombes ou à se voir renié et chassé par son entourage, je ne verserais pas une larme. Ce que je tentais d’exprimer dans mon blog, c’est que, dans une situation confuse, on ne gagne rien à céder à l’hystérie. Nous nous trouvons devant un dilemme insoluble ou presque, écarter du pouvoir un dictateur installé depuis plus de trente ans sans paraître nous immiscer dans une affaire intérieure et sans avoir l’air de partir en croisade contre un pays musulman. Or la précipitation et la gesticulation, quand bien même devraient-elles rapporter une popularité immédiate, comportent, à moyen terme, le danger d’une désillusion. On la voit déjà poindre. Tournerait-elle à l’amertume si le colonel ou l’un de ses fils conservaient le pouvoir, la popularité espérée se dissiperait. Il ne resterait qu’une rage impuissante. Je ne voulais rien dire d’autre que le danger de la théâtralisation hystérique, la médiatisation de la politique. Le parallèle loufoque établi par ma correspondante entre la situation libyenne et celle de l’Espagne de 1936 m’a contraint à mieux expliciter ma pensée, ce dont je lui sais gré. A quelque chose malheur est bon… Michel del Castillo Чтобы прибавилось в нем силы, кормите его мышьяком в лошадиных дозах, а зубы вычистите наждачной бумагой, какой чистят ржавые ножи. Не "Рефераты по обществознание скачать"мне одному хочется разгадать эту тайну. Рой внимательно посмотрел, как я держу автомат, заглянул мне в глаза и молча кивнул на консервные банки. После свадьбы Луиза и Морис Джеральд отправились "Полная версия игр поиск предметов скачать"путешествовать по Европе. рассудительно предостерег Швейк. 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