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Parce que les troubles qui agitent l’Afrique du Nord me touchent intimement, j’y reviens pour établir une distinction entre ces différentes révoltes. Rien d’étonnant qu’elles soient parties de la Tunisie, pays le plus évolué, avec une société civile instruite, avec aussi une tradition d’ouverture au monde. Malgré ses dérives despotiques et mafieuses, le régime de Ben Ali, il faut lui rendre cette justice, avait su conserver les acquits du bourguibisme, condition de la femme, refus du fondamentalisme sectaire, instruction publique. Il sautait aux yeux que cette société évoluée, aux affûts des évolutions du monde, finirait par soulever et jeter le couvercle qui l’empêchait de s’épanouir, et il ne fallait pas être un prophète pour sentir que le mouvement partirait des couches les plus jeunes, ces centaines de milliers de diplômés voués au chômage. L’écart devenait criant entre les aspirations de ces jeunes sous-payés, sous-qualifiés, et les possibilités qui leur étaient offertes. De manière ironique, Ben Ali a été victime du succès de la politique définie par Bourguiba, ce radical socialiste. Pouvait-il en être autrement alors que, pour avoir une chance de réussir, une Révolution doit s’appuyer sur une classe moyenne capable de la penser ? C’est aussi ce qui permet, s’agissant de la Tunisie, de se montrer optimiste. Dans tout le Maghreb, c’est le seul pays susceptible d’accoucher d’une démocratie libérale, une fois les sursauts des plus radicaux amortis. Seule, la Tunisie peut espérer stabiliser sa Révolution, la canaliser, pour peu qu’elle réussisse, privée de ressources, sans autre atout que son talent, à renouer avec le développement économique. S’il est une nation, dans tout le Maghreb, qui mériterait de recevoir une aidé massive et désintéressée, c’est bien la Tunisie. Car pour le pouvoir, le problème reste entier : Comment assurer des débouchés à une vaste jeunesse munie de diplômes ? Comment contenir le chômage ? Comment élever le niveau de vie des plus pauvres sans pour autant ruiner la croissance ? Ces défis sociaux décideront de l’avenir. Ou le nouveau régime réussit et la démocratie parlementaire en sortira raffermie, ou il échoue, et les apprentis dictateurs finiront par s’emparer du pouvoir. Rien de tel en Egypte où, depuis près de quarante ans, l’armée gouverne en même temps qu’elle dirige l’économie. S’il existe, dans les grandes villes, une classe moyenne ouverte et cultivée, il y a, dans la campagne, une masse écrasante de paysans misérables dont les revendications ne peuvent être que violentes, anarchiques. De ce fardeau de misère, le pays ne pourra se soulager, si bien que le plus probable est que l’armée, cachée derrière des pantins qu’elle contrôlera, continuera de tenir les rênes, lâchant juste assez pour amadouer la bourgeoisie citadine, réprimant les mouvements sociaux des campagnes. Ce ne sera peut-être plus la dictature affairiste de Moubarak, mais ce sera un régime autoritaire assaisonné de libertés formelles. Je peux bien sûr me tromper. Mais je doute fort que ce pays fortement peuplé, divisé entre une minorité tolérante et cultivée et une majorité de fellahs illettrés, plongés dans la misère la plus révoltante, je doute que l’Egypte échappe à la grande peur des bien pensants. Pour la Lybie enfin, que dire sinon qu’on se heurte au vide ? Pas même l’embryon d’une bourgeoisie. Ni syndicats, ni partis politiques, ni associations représentatives, le Grand Frère a fait le vide autour de lui. Qui, si le sous-sol ne recelait du pétrole en abondance, se soucierait de ce désert pierreux ? Qui, à moins de s’appeler BHL, oserait s’aventurer à déchiffrer l’énigme de ces étendues brûlées par un soleil implacable ? Qui peut dire ce que pensent et veulent ces tribus éparpillées sur ces étendues lunaires ?
Partant de l’ancienne Cyrénaïque, la révolte exprime le refus viscéral d’une tyrannie devenue de plus en plus folle, assez forte pourtant pour, riche de ses pétrodollars, réprimer brutalement le soulèvement, quitte à le noyer dans le sang. Le dictateur fou tomberait-il, y a-t-il une personne de bon sens qui puisse dire quelle forme de gouvernement lui succédera ? Il suffit de regarder les images de cette guerre aussi étrange que sauvage…on n’aperçoit nulle part un début d’organisation. Bien entendu, on ne peut que souhaiter la chute du dictateur et de sa famille. Rien ne saurait être pire que le règne d’Ubu. On comprend même que ses intérêts bien compris dictent à l’Occident une volonté de maintenir un certain ordre. Peut-être faut-il intervenir en empêchant un Guide paranoïaque de remporter une victoire sanglante. Le moins qu’on puisse dire est que, si le mot diplomatie garde un sens, c’est à la Libye qu’il s’applique. Il faudrait du sang froid, de la réflexion, de la prudence, enfin de la détermination si l’action finissait par s’imposer. Il faudrait toutes les qualités que Nicolas Sarkozy ne possède pas. Ses gesticulations ne peuvent qu’obscurcir une situation suffisamment obscure : ses rodomontades suscitent un malaise parce qu’on les sent irréfléchies, des foucades. Quant à BHL, il est vain de se demander ce qu’il allait faire à Benghazi. Il ira partout où son hystérie narcissique lui permettra de se donner en spectacle, sauf aux endroits où l’exigence morale devrait le conduire. D’où le danger de la rencontre de deux narcissismes hypertrophiés. Il ne peut en sortir que ce qu’il a produit : la pire confusion. Kadhafi doit tomber, nous en sommes tous d’accord. Comment, de quelle manière, l’affaire se complique. Pour la suite… On voudrait que les hystériques cessent de parler à tort et à travers. C’est un vœu pieux. Rien ne les arrête. Le silence les tue. Semblables aux vampires, ils ne survivent qu’en buvant le sang des spectateurs. Michel del Castillo У меня другая беда, я продолжал "Скачать акунин нефритовые четки"начатую на "Скачать песни сталкере"лодке игру, помню все, что было, и "Игр стильные девчонки полная версия скачать"забыл все, что есть. Выловив кое-какие из них, "Безплатно скачать видео хентай"Снежок соорудил нечто вроде плота и провел на нем вместе с ребенком "Скачать сплин феллини"остаток ночи. Но и жизнь "Игра дудлик джамп играть"была не шибко дорогой, трех с половиной "Скачать игры машины"тысяч на месяц хватало с лихом. Огромная собака выскочила из "Скачать ноты для фортепиано для песни"кустов и прыгнула в ручей, туда, где "Игры трансформеры прайм играть бесплатно"исчез под водой ягуар. Тот вам наложил у Гостина "Скачать английский на канале культура скачать"по первое число. По-моему, господа офицеры должны сами воспитывать своих денщиков. спросил он, приподнявшись "Властелин овец скачать"на локте и тревожно всматриваясь в лицо своего покровителя. Не сказав ни ""слова ни своему раненому предводителю, ни человеку, стрелявшему ""в него, они мгновенно скрылись в кустах. Под одобрительный ""гул голосов решение было принято. Выдумывают "Краткое содержание три мушкетера по главам"люди всякую мерзость и пьют, как ""воду. Бултыхнуться через край значило бы прямехонько угодить головой в пасть акул, которые уже "Скачать песню думай думай"поджидали, готовясь растерзать жертву своими "Краткое содержание доктор живаго краткое содержание"острыми зубами. Вот понесли его на перевязочный ""пункт, а он как заорет, что не даст "Игры на телефон винкс"себя перевязывать из-за какой-то царапины, и полез опять со своим взводом в атаку. Может быть, это молодой Ринггольд с соседней плантации или кто-нибудь из охотников-индейцев, "Скачать игру naruto на ps2"которые, кажется, вообще никогда не спят. У ваших противников разработана, "Скачать motd creator"целая система знаков, с помощью которых "Игры тюнинг скачать"они сообщают друг другу, какие у них карты масть, достоинство и так далее. Все-таки странно, наконец сказал он. Правда, Бен работал не во всю силу. Теперь правительство вынуждено было отомстить за его смерть. Ведь мы едем "Игры скачать бильярд русский"совсем не по той дороге, прервал Джек мои размышления.
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